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17/09/2013

Vincent Lambert, un drame qui aurait pu être évité !

 

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Un drame familial et humain, à Reims ! Un jeune homme, Vincent Lambert, 37 ans, plongé dans un état végétatif chronique à la suite d'un accident de la route en 2008.

Le drame dont je parle ce n'est pas son accident, bien entendu on aurait souhaité que celui-ci soit évité. Mais le drame qui aurait pu être évité est le suivant : les proches ne sont pas d'accord sur la suite de sa "vie"! Apparemment une faible communication visuelle subsiste, sans être certain que le jeune homme en a conscience.

Selon les médecins, avant que son état ne se dégrade, le jeune homme aurait refusé des soins, laissant penser qu'il ne souhaiterait pas continuer la vie dans cet état, et souhaiterait que la loi leonetti soit appliquée; cessation des traitements, de l'hydratation et de l'alimentation, et sédation finale (mise dans le coma jusqu'au décès).

Cependant, ce ne sont que des suppositions. Au centre, un jeune homme dont on ne sait pas ce qu'il ressent. On ne sait pas non plus ce qu'il souhaitait. Les parents, eux, ne souhaitent pas le voir partir et refuse la stricte application de la loi Léonetti. Qui pourrait les en blâmer? Perdre un enfant est terrible.

 

L'entretien du médecin

(voir l'article du Monde)

Le médecin, le docteur Eric Kariger, du patient déclare que "la seule chose qui doit nous animer, c'est l'intérêt de Vincent Lambert. Je suis là pour défendre l'intérêt d'un malade, pas des convictions. Et j'assumerai mes responsabilités." Il met d'ailleurs en œuvre une procédure de consultation et de décision collégiale plus large que ce que la loi le contraint de faire.

Il est malheureux que ce soit dans de telles circonstances, mais plaisant de voir un médecin qui souhaite écouter les volontés de son patient! Mais celui-ci n'est pas en mesure de les écouter.

 

Comment ceci aurait pu être évité?

La loi permet la rédaction des directives anticipées. Si celles-ci avaient été rédigées, les volontés de Vincent Lambert seraient connues. Le médecin, qui semble sensible à la volonté du patient, aurait pu les appliquer. La famille ne se serait pas déchirée et aurait vu s'accomplir les volontés de l'être aimé. Certes la douleur de la perte et du deuil ne sont pas foncièrement différentes, mais le cheminement est plus serein quand vous savez que les volontés du défunts ont été appliquées jusqu'à la fin.

 

Pourquoi les directives anticipées ne sont que rarement rédigées?

  • elles sont peu connues
  • elles sont parfois compliquées à rédiger (n'hésitez pas à appeler des associations, comme l'ADMD) qui peuvent vous aider à les rédaction
  • elles n'ont pas de valeur contraignante (le médecin est dans l'obligation de les lire et d'écouter les personnes de confiance, mais la loi ne le contraint pas à les appliquer, et ne prévoit aucune sanction dans le cas contraire.

Pourquoi en rédiger?

Cependant, de plus en plus de médecins d'une autre génération sans doute, moins convaincus de leur omniscience et de la nécessité d'infantiliser les patients, écoutent les volontés des malades. Les directives anticipées sont de plus en plus demandées pour connaître les volontés du patient.

A l'instar de ce médecin, qui j'en suis certaine, aurait aimé pouvoir trouver des directives anticipées, pour accomplir les volontés de Vincent Lambert.

N'attendez pas de savoir si le médecin vous écoutera pour les rédiger... il sera peut-être trop tard! Et elles peuvent vous sauvez la vie et la mort !

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Pour aller plus loin : Le point sur les directives anticipées

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |