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17/12/2013

Oui, les citoyens sont les experts ! (Réponse à l'article paru sur Atlantico)

Capture d’écran 2013-12-17 à 17.26.23.png Le pure player d'informations de droite titre, sous la plume d'Alexandre Devecchio : "Après l'intégration, l'euthanasie : mais comment en France choisit-on les personnalités qualifiées qui se prononcent sur les choix de société?"

Un titre élaboré avec un amalgame !

Il ne faut pas donner plus d'importance qu'ils n'en n'ont à ces articles et aux argumentaires anti-euthanasie et anti-suicide assisté qui se dévoilent, mais il est agaçant de voir les amalgames et les méthodes utilisées !

Reprenons les faits un à un !

 

Tout d'abord la méthodologie du panel citoyen

J'ai été de ceux qui l'ont critiqué, et je trouve toujours cela inadmissible qu'un débat public soit mené en secret, notamment sans que les citoyens n'aient accès à la liste des personnes auditionnées avant la fin du débat. Je trouve toujours cette organisation un peu restreinte.

 

Mais force m'est de constater que c'est la première fois que l'on interroge directement des citoyens sur cette question, en dehors des sondages d'opinion. Ces citoyens ont rendu un avis qui coïncide avec ce que ces mêmes sondages révèlent de l'opinion de la population française depuis 10 ans.

 

Dans cet article est posé la question de l'unanimité! Unanimité des préconisations sur rapport, énoncée par Jean-Claude Ameisen, Président du CCNE.

Elle n'existe pas en réalité, c'est la raison pour laquelle il est évoqué une différence de définition du suicide assisté et de l'euthanasie et que le panel a conclu à l'exception d'euthanasie et non à la légalisation de l'euthanasie !

 

Débat contre pétition

Alors quand l'auteur de ce billet rapporte les propos de Damien Le Guay qui, évoque le fait qu'on écoute plus un panel de citoyen qu'une pétition... j'ai envie de répondre que la pétition c'est bien, que ça permet d'interpeller sur un point de vue partagé par un certains nombre de citoyens! Mais ce n'est pas une fin en soi!

Doit-on céder à toutes les pétitions, car il en existe sur tous les sujets, pour un point de vue et son contraire. Cela ne discrédite pas les pétitions, mais l'objet doit-être pris pour ce qu'il est : un moyen d'interpellation et de pression. Il ne faut pas perdre de vue qu'une pétition n'est signé que par ceux qui adhèrent à sa vision, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas le même nombre de citoyen, le double ou 1 000 fois plus qui pensent le contraire, et que la signature d'une pétition relève d'un engagement personnel beaucoup moins fort qu'un débat citoyen et surtout qu'un vote.

Ce qui vient après la pétition et l'interpellation, c'est justement le débat citoyen et la décision politique!

Quand une pétition contre les droits d'un certain nombre de français (pétition contre le "mariage pour tous" prise en exemple dans cet article d'atlantico) est remise à l'État (ou ici au Conseil Économique et Sociale et Environnemental) doit-il pour autant renier son programme, sa politique et les droits de ces français parce que d'autres citoyens (moins nombreux que ceux qui souhaitent voir évoluer la loi) ont signé une pétition? Voilà ce que vous appelez du déni démocratique !

Arriver à dire que 18 personnes méritent moins d'être écoutées que des soi disant "experts", ce n'est pas ce que moi j'appelle la Démocratie !

 

18 citoyens, c'est aussi la Démocratie?

Il se trouve que bien qu'ayant critiqué la méthode, et toujours convaincue qu'il faille impliquer plus les citoyens dans le processus de réflexion, je ne peux nier qu'il existe des méthodes de sondage et de panel qui permettent d'obtenir une mini représentation de la France. Oui il existe des failles! Oui la méthode n'est pas parfaite!

Mais quand un panel qui auditionne une dizaine de personnalités, dont 80% opposées à l'euthanasie et au suicide assisté, et qu'elle répond comme l'ensemble des sondages qu'il faut revoir la loi comme suit :

  • Créer un fichier national des directives anticipées et les rendre contraignantes
  • Développer les soins palliatifs et la culture palliative
  • Légaliser le suicide assister
  • Créer une commission et une exception d'euthanasie
  • Permettre d'évaluer la loi et les pratiques médicales

C'est la première fois que les citoyens donnent leur avis et ils répondent comme 86 à 94% des français.

Jusqu'ici il y a eu des missions de réflexion, des missions parlementaires, des avis du comité consultatif national d'éthique (CCNE), quelques débats publics dont nous n'avons pas le contenu et les réelles conclusions (voir le rapport Sicard)... alors oui ce panel citoyen c'est bien ce qui ressemble le plus jusqu'ici, sur le sujet de la fin de vie, à l'écoute des citoyens et à la Démocratie !

 

La question des spécialistes

Je vous rejoins sur cette question Alexandre Devecchio ! Comment la France choisit ses spécialistes ?

Mais je désapprouve fortement la malhonnêteté de ce titre !

Quel lien entre le rapport sur l'intégration et l'euthanasie?

Sur la question de l'amalgame avec le "rapport sur l'intégration" vous mettez en parallèle un document de travail du gouvernement et un rapport rendu par un jury citoyen et officiellement publié! On comprend tout de suite la différence de méthode employée!

De plus implicitement vous utilisez le choc qu'ont provoqué certaines mesures proposées dans ce rapport pour faire un parallèle.

En considérant comme choquant les conclusions d'un jury citoyen qui s'est prononcé comme la plupart des français, qui a mobilisé des élus EELV, UDI, UMP, PS, PC, vous discréditez l'opinion des français, en jouant sur l'émotion et sur un parallèle qui n'a pas lieu d'être!

Les spécialistes

Dans la liste des personnalités auditionnées 80% étaient au préalable opposées à l'euthanasie et au suicide assisté!

Alors oui, quand les sondages donnent entre 86 et 94% des français favorables à la légalisation de l'euthanasie je me demande pourquoi il n'y a pas au moins 50% d'intervenants favorables et 50% défavorables.

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Et surtout pourquoi c'est la première fois qu'on entend les citoyens s'exprimer directement? Pourquoi lors de l'avis du CCNE  (avis N°121 en juillet 2012), lors du rapport Sicard (en décembre 2012), lors de l'évaluation de la loi Léonetti (2008), lors de la loi Léonetti (2005) et lors de la mission parlementaire (2004), les seuls qui n'aient pas été entendus se sont les citoyens.

Après "l'affaire" Chantal Sebiré, la mission d'évaluation de la loi Léonetti (2008) a été obligée d'entendre des familles, voilà la seule avancée réelle qui avait été faite. Quant au rapport Sicard, à part des Verbatim et un recoupement d'idées lancées pendant des réunion, je n'y trouve pas l'avis et les débats des citoyens.

En bref...

Alors oui quand il s'agit de question de société qui concerne tous les citoyens, si les éclairages des "personnalités" peuvent être importants, les citoyens sont les experts !

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |

12/09/2013

Entre 86% et 94% des Français favorables à l'euthanasie !

Hier matin, J-L.Romero et C.Michel étaient invités sur iTélé dans l'émission de B.Toussaint afin de parler d'euthanasie.

J-L.Romero et C.Michel sont, respectivement, le Président et le Secrétaire Général de l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

Interrogés à l'occasion de la sortie du livre "M. Le Président, Laissez-nous mourir dans la dignité" à paraître ce jeudi 12 septembre 2012.

La question de l'euthanasie revient dans l'actualité, pour une raison simple, une loi est prévue pour la fin de l'année (ce sera l'objet d'un futur billet de ce blog).

Cette émission est l'occasion de rappeler, tant par le présentateur que par les invités, que la majorité des français sont favorables à l'euthanasie.

 

Les Français de plus en plus favorables à une loi sur l'euthanasie.

Que l'on me comprenne bien, je suis pour ma part favorable à la légalisation de l'euthanasie et également à une meilleure prise en charge des malades, à une plus grande écoute des citoyens et des malades, qui ne cessent pas d'être citoyens une fois franchies les portes de l’hôpital. Cependant je pense qu'il faut faire attention aux chiffres. Convaincue que la majorité des Français sont favorables à une grande loi sur la fin de vie, je ne pense pas nuire à cette cause en faisant un petit point sur les sondages, qui nous révèlent plus qu'il n'y parait.

Sans être spécialiste nous savons tous qu'il faut se méfier des sondages! Pour preuve à l'approche des élections, chaque journal, chaque parti, chaque candidat use des chiffres parfois contradictoires, parfois semblables mais avec une explication fort différente. Les sondages ne sont pas faux pour autant, ils expriment ce que les sondés ont souhaité exprimer. Vous me direz, c'est un peu différent il s'agit d'hommes politiques, de choix électoraux, donc d'activités humaines mouvantes et pouvant entrainer des changement d'opinions rapides. Oui, l'objet est un peu différent, il s'agit d'une question de société, pour laquelle "La Reine du Monde" (titre d'un ouvrage de Julliard, sur l'opinion publique) ne semble pas pouvoir être manipulée et évolue moins vite mais de façon pérenne.

Voici l'évolution de l'opinion, à travers les sondages et le temps, sur la question de la légalisation de l'euthanasie.

Même s'il est certain que l'opinion publique penche majoritairement en faveur d'une loi sur l'euthanasie, d'une vraie grande loi sur la fin de vie, qui viendra combler les lacunes des lois actuelles. Qui permettra d'endiguer les souffrances actuelles de certains patients en fin de vie. Attention aux termes employés!!! En effet, ni les législateurs, ni les sondeurs ne sont parfaits!


La Reine du Monde en question(s) !

Le dernier sondage est paru en octobre 2012, quelques mois après l'élection présidentielle. C'est la première rentrée politique après l'été 2012, et le Professeur Sicard parcourt les villes de France pour mener un débat national à la demande du Président de la République.

Le résultat de ce sondage IFOP est que 89% des français sont favorables. Mais favorables à quoi?

A la question : Souhaitez-vous que le président de la République tienne sa promesse de campagne en autorisant, dans le cadre d’une loi votée par le Parlement, le recours à l’euthanasie active pour les personnes en fin de vie qui en feraient la demande ?

- 94% pour les sympathisants de gauche

- 84% pour les sympathisants UMP

- 89% pour les sympathisants FN

répondent Oui (soit "oui plutôt", soit "oui tout à fait")

En effet la proximité de l'élection et la tournure de la question peuvent faire émettre un doute quant à la réponse. Les Français répondent-ils en fonction de leur affinité politique? A la question "le président de la république doit-il tenir sa promesse de campagne"? Ou répondent-ils bel et bien à la question centrale de la légalisation de l'euthanasie (encore faut-il supposer que le terme "euthanasie active" soit entièrement compris)?

Loin de moi l'idée de critiquer ce sondage, ou bien d'en atténuer le résultat, car il s'inscrit dans le cadre d'une évolution de l'opinion publique et de la société qui apparaît stable, au vu de l'ensemble des sondages de ces 25 dernières années.

 

Les franges ne se rebelleront pas !

Ce qui m'intéresse beaucoup plus dans ces sondages, ce sont les franges "extrêmes" représentées par les "oui tout à fait" et les "non pas du tout"! Ce sont elles qui indiquent les tendances fortes pour l'avenir, elles qui font pressentir qui pourrait se battre ou descendre dans la rue pour défendre sa conviction.

Descendriez-vous dans la rue pour quelque chose dont vous n'êtes pas certain, ou vous répondez "oui, plutôt" ou "non, pas vraiment"? Vous serez forcément plus enclin à faire un sitting pour ce dont vous êtes certain et pour lequel vous direz "OUI, TOUT À FAIT" !

En se penchant sur ces "extrêmes", se dessinent deux tendances lourdes :

1. Au fil du temps, le nombre de favorables à augmenté mais surtout les très favorables sont devenus majoritaires. Il y a 10 ans, le rapport était d'environ 2/3 de favorables pour 1/3 de très favorables. Aujourd'hui le rapport s'est inversé et pour 1/3 de favorables il y a 2/3 de très favorables.

2. Quelque soit le sondage, depuis plusieurs années, il n'y a jamais plus de 5% de français totalement opposés à l'euthanasie. Que ce soit le sondage IFOP commandé par l'ADMD, celui de sept. 2012 commandé par le Pélerin Magazineou les précédents.

Ceci montre une modification structurelle de l'opinion publique sur cette question. Mais aussi qu'il n'y a pas d'opposition importante à une loi sur l'euthanasie. Certes des mouvements minoritaires d'opposition, notamment aux réformes de société, sont capables de faire pression, de faire du lobbying, de faire grève. Mais ils ne traduiraient pas la position réelle des français.

 

Il est temps d'écouter la voix des français !

Les Français ne veulent pas être abandonnés en fin de vie! Ils veulent des droits, ils veulent qu'on les écoute! Il y a différent niveau d'écoute, celle des citoyens qui réclament aux politiques une loi, celle du citoyen qui fait valoir ses droits tout au long de sa vie, celle de l'être humain qui veut être libre et traité dignement.

Quelque soit votre opinion et votre choix, il est important de s'informer et de comprendre le cœur du débat, afin d'y prendre part, et le moment venu de faire respecter vos droits.

Pour rappel voici la chronologie et le calendrier prévu par le Président de la République:

  • campagne présidentielle : proposition 21
  • discours du 17 juillet 2012, à la Maison Médicale de Notre Dame du Lac
  • juillet 2012 : début de la mission de réflexion sur la fin de vie
  • décembre 2012 : remise du rapport Sicard au Président de la République 
  • 30 juin 2013 : avis du CCNE
  • juillet 2013 : annonce de l'organisation des États Généraux (sept-nov?) et d'une loi pour la fin de l'année (déc?)

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités, Informations, Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |