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15/09/2014

Midi Libre parle de "mise à mort par un médecin"

Comment peut-on dire aux Français que la proposition 21 du candidat François Hollande correspond à une "mise à mort par le médecin"?

(Promis je vous fais le compte-rendu de la 34ème AG de l'ADMD, et on fait le point sur les 1 an d’existence du blog, mais avouez qu'il faut réagir vite, car c'est un peu fort de café ! J'ai d'ailleurs failli m'étrangler avec ce matin!)

 

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Je pourrais vous dire combien cela m'indigne, mais quel intérêt? Cherchons plutôt à voir ce qui se cache, non pas derrière la plume car j'imagine que ce sont soit des convictions pro-life, soit une boulette incommensurable commise par un journaliste ignorant tout de la fin de vie, mais plutôt le sens des mots employés!
Et après tout, ce journaliste est libre de s'exprimer... (même si il peut être estimé qu'il y a atteinte à l'honneur, envers l'ADMD, le PR et le PM! Car la loi du 29 juillet 1881 garantit la liberté de la presse, mais préserve également de la diffamation art 29 et particulièrement le PR et le gouvernement art 31! Mais c'est une autre histoire, sur laquelle je n'ai pas compétence à m'exprimer plus que cela!)

 

18 004 656 Français, dont certains lecteurs de Midi Libre, pour la "mise à mort par un médecin"  !

Et oui, dans les faits, c'est ce que dit ce journaliste !

Incriminant "l'engagement 21" de François Hollande, alors qu'il est censé relater l'AG de l'ADMD, non seulement il accuse les 56 000 adhérents de l'ADMD, mais plus que ça les 18 004 656 votants pour le candidat socialiste à la présidentielle 2012, d'être en faveur d'une "mise à mort par le médecin".

Mais plus que cela, car je suis profondément démocrate et que je respecte entièrement le processus démocratique et législatif, ce sont tous les français qui peuvent être visés, qu'ils soient indifféremment pour ou contre l’euthanasie, qu'ils aient voté ou non pour le candidat socialiste!
Le Président de la République (PR) une fois élu, n'est pas le président de ses électeurs, mais celui de tous les Français! Et les députés et sénateurs, ne représentent pas que leur circonscription!

Bref... qu'importe ses convictions... c'est déjà une grosse erreur et confusion de la part de ce journaliste !

L'euthanasie et le suicide médicalement assisté comparés à des "mises à mort par le médecin"

Visiblement le journaliste a au moins compris une chose, c'est que dans le suicide médicalement assisté, il y a intervention du médecin!
Passant sur la clause de conscience, les directives anticipées, la volonté du patient, le suicide assisté, l'accès universel aux soins palliatifs, et tout ce qui entoure la fin de vie!
Peut-être qu'avec un lexique, promis par l'ONFV (Observatoire National de la Fin de Vie), mais toujours pas paru, nous pourrions avoir un vocabulaire commun!

La proposition 21

"Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité."

La mise à mort 

Selon Larousse : "exécution d'un condamné ; en tauromachie, moment où le matador porte l'estocade pour tuer le taureau."

Sur le net, "mise à mort" = "peine de mort, exécution"

En France, la peine de mort a été abolie en France en 1981 !

 

Une question de volonté, de vie !

Lorsque vous choisissez les conditions de votre fin de vie et de votre mort, vous êtes un être vivant et libre! Ce à quoi vous êtes condamné, malheureusement ce n'est pas à la mort mais aux raisons qui vous poussent à choisir de demander une aide pour partir "dignement" : la souffrance, la douleur, la maladie, des traitements que vous ne supportez pas/plus, etc.

En cela une demande d'euthanasie est un acte libre, une manifestation de votre volonté! L'aidant a donc un rôle d'aide à la libération, à l'accomplissement de votre choix.

Je ne vois donc pas le rapprochement que fait le journaliste avec la "mise à mort", il y a une différence entre l'exécution d'une personne et l'exécution de ses volontés, c'est la prise en compte de la personne, de le reconnaitre comme un citoyen libre.

 

Comment réagir?

Une fois n'est pas coutume, je vais emprunter les mots de Stéphane Hessel : INDIGNEZ-VOUS !

Vous pouvez exprimer votre réaction face à ces propos auprès de la rédaction du journal, pour cela, il est possible de passer par twitter : @Midilibre

Par courrier :
Midi Libre
Rue du Mas-de-Grille
34438 Saint-Jean-de-Védas cedex
Tél : 04.67.07.67.07

Ou par le mél :
redac.narbonne@midilibre.com
redac.montpellier@midilibre.com
redac.mende@midilibre.com
redac.rodez@midilibre.com

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Mon mél à Midi Libre

Pour appliquer ce que je prône, voici le mél que j'ai personnellement adressé à ces rédactions :

"Bonjour,

Je me permets de vous faire part de mon indignation quant à la comparaison de la proposition 21 (autrement nommée droit de mourir dans la dignité, euthanasie, suicide assisté ou suicide médicalement assisté) avec une "mise à mort par le médecin".

Je ne pense pas être la seule à vous écrire, et je suis choquée à plusieurs titres, en tant que militante pour le droit de mourir dans la dignité, qu'adhérente à l'ADMD... mais vous me direz que ceci est normal puisque je ne partage pas les propos pro-life tenus dans l'article... mais surtout en tant que citoyenne lambda.

En effet le journaliste ayant écrit ceci incrimine la proposition 21 du candidat socialiste à la présidentielle 2012, aujourd'hui président de la république, mais également l'actuel premier ministre (qui en tant que député était rapporteur de la proposition de loi 1960 présenté par le président de groupe socialiste Jean-Marc Ayrault, en 2009, portant sur le droit de mourir dans la dignité).
Il insinue donc par là même que les votants pour ce candidat, que les citoyens français, ont élu un Président sur un programme contenant un retour sur la peine de mort ou sur une forme d'exécution d'un condamné, en clair d'une peine capitale sur un citoyen ne jouissant plus de sa liberté et/ou de ses droits civiques soit par la décision de l'État soit par une organisation ou personne contrevenante aux droits de notre État, au droit Européen et aux Droits de l'Homme et du Citoyen (par exemple des terroristes).

Il me semble donc que même si ceci est écrit de bonne foi, avec une volonté de soutenir les convictions pro-lifes, ou par erreur de terminologie, cela fait plus que me heurter dans mes convictions, cela m'interroge sur l'art 31 de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse (article sur la diffamation mettant en cause le Président de la République) car il y a pour moi une limite très mince avec l'atteinte à l'honneur de ce dernier, qui a présenté un programme aux français et qui a été élu sur celui-ci.

Qu'importe qu'on estime que ce dernier le suit ou non, qu'importe que le processus de réflexion soit encore en cours sur la forme de l'application de la proposition 21, il me semble que les français et le président de la république (pour la fonction qu'il occupe), méritent un peu de considération et a minima une explication des propos de l'auteur et du sens de cette formulation.
Et peut-être plus si effectivement vous estimiez comme moi qu'il y a eu une erreur ou une confusion. Erreur qui, peut atteindre la sensibilité et l'honneur des adhérents de l'ADMD, du Président de la République, du Premier Ministre, des sympathisants ou partisans pour le droit de mourir dans la dignité, des citoyens en fin de vie qui souhaitent une aide à mourir, et des citoyens tout court.

J'ai d'ailleurs diffusé sur mon blog cet article, et un billet le concernant .
Il reprend les propos que je vous tiens dans ce mail.

Dans l'attente de votre réponse."
 
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Suite : Réponse de la Rédaction en chef de Midi Libre

"Madame, Monsieur,

 

Dans son édition de dimanche à propos d'un écho sur l'ADMD, Midi Libre a fait une faute en écrivant que l'accompagnement d'une fin de vie devait ressembler à "une mise a mort". C'est une erreur de notre part. Nous déclenchons immédiatement une enquête interne pour savoir comment cette formulation a pu être écrite ainsi. Nous vous présentons toutes nos excuses. Dans son édition datée de mardi, Midi Libre rectifiera cette faute.

Recevez nos sincères salutations,

 

 

La rédaction en chef de Midi Libre"

_______________________

 

Suite 2 : à suivre mardi 16 septembre

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |

11/12/2013

Les directives anticipées... pensez-y !

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 Décembre est là, avec lui son lot de microbes, de grippes, de joies hivernales ! Bref direction le médecin! Je dois avouer qu'aussi sympathique et compétent (du moins je l'espère) que soit mon médecin, ce n'est malheureusement pas Georges Clooney!

J'en viens au fait, je demande par curiosité à mon médecin si certains de ses patients lui ont déposé leurs directives anticipées ou on fait appel à ses conseils pour les rédiger !

 

Une bonne résolution pour 2014 : Rédiger ses directives anticipées !

"Leurs quoi?"

Ha oui... j'avais oublié à quel point la loi Léonetti et ses mesures étaient connues, même dans le milieu médical!

Les directives anticipées... ce document que moins de 2% des français ont rédigé...

Ce document permet de savoir ce que vous souhaitez si vous n'êtes pas en mesure de vous exprimer et que vous êtes hospitalisé(e)! Ce document, allié à la personne de confiance (à qui vous l'aurez remis), doit permettre de faire entendre votre volonté !

 

Et voilà, une bonne résolution pour 2014, 2017, 2020, 2023, 2026, 2029, etc... Car il faut renouveller ses directives anticipées tous les 3 ans.

 

Les directives anticipées

Pour plus d'informations : Le point sur les directives anticipées !

 

La personne de confiance

Article de l'ADMD sur la personne de confiance :

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Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Informations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |

17/09/2013

Vincent Lambert, un drame qui aurait pu être évité !

 

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Un drame familial et humain, à Reims ! Un jeune homme, Vincent Lambert, 37 ans, plongé dans un état végétatif chronique à la suite d'un accident de la route en 2008.

Le drame dont je parle ce n'est pas son accident, bien entendu on aurait souhaité que celui-ci soit évité. Mais le drame qui aurait pu être évité est le suivant : les proches ne sont pas d'accord sur la suite de sa "vie"! Apparemment une faible communication visuelle subsiste, sans être certain que le jeune homme en a conscience.

Selon les médecins, avant que son état ne se dégrade, le jeune homme aurait refusé des soins, laissant penser qu'il ne souhaiterait pas continuer la vie dans cet état, et souhaiterait que la loi leonetti soit appliquée; cessation des traitements, de l'hydratation et de l'alimentation, et sédation finale (mise dans le coma jusqu'au décès).

Cependant, ce ne sont que des suppositions. Au centre, un jeune homme dont on ne sait pas ce qu'il ressent. On ne sait pas non plus ce qu'il souhaitait. Les parents, eux, ne souhaitent pas le voir partir et refuse la stricte application de la loi Léonetti. Qui pourrait les en blâmer? Perdre un enfant est terrible.

 

L'entretien du médecin

(voir l'article du Monde)

Le médecin, le docteur Eric Kariger, du patient déclare que "la seule chose qui doit nous animer, c'est l'intérêt de Vincent Lambert. Je suis là pour défendre l'intérêt d'un malade, pas des convictions. Et j'assumerai mes responsabilités." Il met d'ailleurs en œuvre une procédure de consultation et de décision collégiale plus large que ce que la loi le contraint de faire.

Il est malheureux que ce soit dans de telles circonstances, mais plaisant de voir un médecin qui souhaite écouter les volontés de son patient! Mais celui-ci n'est pas en mesure de les écouter.

 

Comment ceci aurait pu être évité?

La loi permet la rédaction des directives anticipées. Si celles-ci avaient été rédigées, les volontés de Vincent Lambert seraient connues. Le médecin, qui semble sensible à la volonté du patient, aurait pu les appliquer. La famille ne se serait pas déchirée et aurait vu s'accomplir les volontés de l'être aimé. Certes la douleur de la perte et du deuil ne sont pas foncièrement différentes, mais le cheminement est plus serein quand vous savez que les volontés du défunts ont été appliquées jusqu'à la fin.

 

Pourquoi les directives anticipées ne sont que rarement rédigées?

  • elles sont peu connues
  • elles sont parfois compliquées à rédiger (n'hésitez pas à appeler des associations, comme l'ADMD) qui peuvent vous aider à les rédaction
  • elles n'ont pas de valeur contraignante (le médecin est dans l'obligation de les lire et d'écouter les personnes de confiance, mais la loi ne le contraint pas à les appliquer, et ne prévoit aucune sanction dans le cas contraire.

Pourquoi en rédiger?

Cependant, de plus en plus de médecins d'une autre génération sans doute, moins convaincus de leur omniscience et de la nécessité d'infantiliser les patients, écoutent les volontés des malades. Les directives anticipées sont de plus en plus demandées pour connaître les volontés du patient.

A l'instar de ce médecin, qui j'en suis certaine, aurait aimé pouvoir trouver des directives anticipées, pour accomplir les volontés de Vincent Lambert.

N'attendez pas de savoir si le médecin vous écoutera pour les rédiger... il sera peut-être trop tard! Et elles peuvent vous sauvez la vie et la mort !

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Pour aller plus loin : Le point sur les directives anticipées

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |