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06/06/2014

Le conseil d'État va se réunir sur le "cas Vincent Lambert" le 20 juin 2014

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La plus haute juridiction administrative examinera "le cas" de Vincent Lambert en audience publique le 20 juin.

(Photographie : Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale de puis 2008 - Photographie AFP - MAXPPP)

 

Il faut que ça s'arrête !

Le Conseil d'État n'a pas affirmé qu'il rendrait sa décision le 20 juin, mais qu'il se réunirait, en sa plus haute formation (17 juges)! Il serait pourtant temps que Vincent Lambert soit délivré, que sa demande et celle de sa compagne soit entendue.

La famille, déchirée et opposée, n'a eu de cesse de se battre tantôt pour faire appliquer la loi Léonetti (laisser partir Vincent Lambert avec une sédation finale) tantôt pour empêcher l'arrêt des soins et maintenir le jeune tétraplégique artificiellement en vie.

Le Conseil d'État a été saisi en début d'année, par Rachel, la compagne de Vincent Lambert, et François, son neveu, pour annuler le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-champagne. Ce jugement en date du 16 janvier allait contre l'avis majoritaire des médecins et a ordonné la continuation des soins et le maintien artificiel de Vincent Lambert en vie.

 

Pourquoi un tel jugement?

Si le tribunal administratif a ordonné le maintien en vie du jeune patient, c'est parce qu'il a jugé la forme et non le fond! Il se trouve que la loi Léonetti est parfois trouble sur les critères de sa mise en oeuvre, elle n'est d'ailleurs pas dotée de décrets d'application. La loi de 2005 ne donne pas de valeur contraignante aux directives anticipées, et si malheureusement il n'y en a pas dans le cas présent, le patient avait exprimé le refus de soins auprès des médecins et de sa compagne.

Ce cas est exceptionnel, car c'est la première fois qu'un collège de médecins s'accorde pour l'arrêt des traitements contre l'avis de la famille (les parents), il n'y a donc pas de jurisprudence sur laquelle s'appuyer.

 

Quels éléments nouveaux pourraient faire trancher le Conseil d'État en faveur de l'arrêt des soins?

En début d'année le Conseil d'État se trouvait bien embêté, ne sachant quelle décision apporter, et sur quels éléments se baser. Doit-il s'appuyer sur la forme, et quels sont les éléments objectifs que la loi Léonetti nous donne? Se baser sur le fond, mais également quels éléments médicaux, humains et de société sont alors en présence?

D'un côté le collège de médecins qui s'est prononcé en faveur de l'arrêt des soins, de l'autre les parents, catholiques traditionalistes, qui s'opposent totalement à l'arrêt des soins, et aucunes directives anticipées permettant d'attester des volontés du patient! Alors le Conseil d'État a réclamé une expertise médicale et missionné 3 médecins. Les conclusions sont sans appel, ils confirment l'irréversibilité de l'état de Vincent Lambert et la dégradation de son état de conscience.

Mais ce n'est pas si simple, car si l'auteur de la loi lui-même, reconnait qu'ici la loi Léonetti s'applique, il n'a visiblement pas donné les moyens aux juges de trancher. De plus la limite entre la loi Léonetti et l'euthanasie est parfois ténue, c'est sans doute la raison de la frilosité du tribunal administratif de Châlons-en-champagne. En effet le risque, ou plutôt l'avancée, que pourrait effectuer le Conseil d'État est de montrer la nécessité dans certains cas de recourir aux pratiques euthanasiques.

 

Sur le chemin de la légalisation de l'euthanasie !

La route est encore longue et la frilosité est de mise! Le Conseil d'État s'est montré et se montre particulièrement prudent car il sait que sa décision est attendue et scrutée par le gouvernement, par les partisans de la légalisation de l'euthanasie, par les prolifes et plus largement par les Français.

Depuis la proposition 21 du candidat Hollande, désormais Président de la République, le débat sur l'euthanasie joue une drôle de danse sur place, un pas en avant, un en arrière, deux sur le côté, et oublie le plus souvent son partenaire principal : l'opinion publique. Des missions de réflexion (professeur Sicard) et des organes consultatifs, le CCNE (comité consultatif national d'éthique) et l'ONFV (observatoire national de la fin de vie), ont été largement sollicités pour rendre des conclusions contredisant les promesses du candidat Hollande et la demande des Français.

Si la grande majorité des français est favorable à l'euthanasie, la consultation d'un panel de citoyen a été peu médiatisée et est retombée comme un soufflé, à croire que les conclusions ont été surprenantes! Le panel citoyen a été favorable au suicide médicalement assisté, comme 90% des français !

C'est dans ce contexte de manque de courage politique sur la légalisation de l'euthanasie que le Conseil d'État doit trancher du "cas" Vincent Lambert!

 

Rodrigue, as tu du coeur?

Il faut souhaiter que le débat ne déteigne pas sur la décision du Conseil d'État qui pourrait être effrayé de la prise de position qui lui ait demandé. Rappelons que pour Vincent Lambert il ne s'agit pas d'euthanasie mais d'application de la loi Léonetti qui limite l'acharnement thérapeutique et permet l'arrêt des soins dans le cas d'une maladie ou affection incurable (et/ou irréversible). Et il faut souhaiter, et personnellement j'espère vivement que Vincent Lambert soit libéré et que ses demandes antérieures soient respectées, que le Conseil d'État s'attachera à appliquer correctement une loi, visiblement incomplète et difficile à utiliser.

Les carences de la loi Léonetti doivent amener à continuer le combat! Car il faut renforcer les droits des patients et notamment des patients en fin de vie. Cette loi de 2005 a permis d'éviter le débat, la soi-disant "loi de consensus" ne résout pas les problèmes des personnes en fin de vie, elle permet juste à certains médecins et politiques de soulager leur conscience en fermant les yeux et en psalmodiant la loi Léonetti! Il est temps d'avoir du courage, et de suivre les nombreux députés et sénateurs (PC, EELV, PS, UDI, UMP) qui ont déposé des propositions de loi!

Au gouvernement désormais de faire suite aux propositions de campagne avec un projet de loi ou avec l'étude d'une des propositions de loi en attente dans les deux chambres parlementaires.

Respectez la proposition 21.

 

______________

Pour en savoir plus :

- Vincent Lambert, un drame qui aurait pu être évité (17/09/2013)

- Que dit le rapport du jury de citoyens (16/12/2013)

- Les lois actuelles sur la fin de vie (loi Léonetti 2005)

- Entre 86% et 92% des Français favorables à l'euthanasie (12/09/2013)

 

- Conférence de Presse des Sénateurs EELV, UDI, PS, CRC et de Jean-Luc Roméro

- Interpellez vos députés

- Réveillons les Sénateurs

- Entretien avec Muguette Dini (Sénatrice UDI)

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités, Informations, Vers une loi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |

08/10/2013

L'euthanasie jusqu'où... un documentaire ou un pamphlet?

La face cachée du documentaire pamphlet sur les dérives de l'euthanasie en Belgique !

 

Sur notre cher Internet, un documentaire nommé "l'euthanasie jusqu'où" est diffusé! Celui-ci est censé porter sur les dérives permises par la légalisation de l'euthanasie en Belgique! Un documentaire qui semble arriver à point nommé au moment où les États Généraux sont organisés par le CCNE...

Que ce soit dans le rapport Sicaeuthanasie, belgique, documentaire, droit, loi, commission, dérivesrd, dans la mission parlementaire pré Léonetti et la post Léonetti... on nous parle toujours des dérives de l'euthanasie en Belgique! Soit... je veux bien croire qu'il y a des dérives! Il faudrait être aveugle ou idiot pour croire qu'il n'y en a jamais! Mais essayons d'aller plus loin que les amalgames et clichés et de comprendre ce qui se cache derrière ce "documentaire"!

 

Un documentaire "censuré" nous apprend Nouvelles de France... hummm... C'est vrai que ce papier auto déclaré conservateur libéral crie à la censure chaque fois qu'un documentaire n'est pas diffusé sur une chaine de grande écoute en prime time !!!

 

1- Un travail de journaliste d'investigation, un devoir d'enquête et de réflexion en profondeur?

Ce film présenté comme un documentaire, résultat d'un travail d'investigations sur le terrain, revêt-il vraiment les critères de ce qu'il annonce être?

Tous les témoignages ont été scrupuleusement analysés, sourcés, étudiés, comparés, recoupés,...

Ne nous laissons pas berner par la présentation plutôt négative d'un médecin pro euthanasie qui nous parle de procédure longue, qui respecte la loi, alors même que le documentaire nous enjoint de croire que ce n'est pas la réalité des pratiques! Pourquoi le journaliste si suspicieux ne s'est pas rendu en caméra cachée? En 2 ans d'investigations personne n'y est mort dans des conditions suspectes qui auraient pu laisser le journaliste s'introduire ou remettre des lunettes dotées d'une caméra à un membre de la famille de la pauvre victime?

Ce pour montrer la qualité d'écoute du journaliste qui a bien pris soin d'aller voir toutes les parties prenantes...

Je n'y ai vu aucun candidat à une euthanasie, aucune famille qui a été soulagée, car cela arrive dans la plupart des cas, sans le Pr. Puy Basset on pourrait presque croire qu'il n'y a que des comédiens et des fervents opposants sans nuances à la légalisation de l'euthanasie! (Je ne me permets pas de douter de la sincérité des témoins, mais le documentaire de façon générale me semble mis en scène avec un éclairage unique!) Certes le journaliste d'investigation est là pour ouvrir les yeux sur les affaires troubles, sur les doutes et affaires cachées !

2 ans d'enquête, mais alors peut-on savoir : Quelles suites ont été données à l'affaire de meurtre, qui n'a rien à voir avec l'euthanasie osons le dire, de la femme au visage floutée?

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La bonne question? Hummmm... 32 ème minute le journaliste s'adressant à une infirmière :

" C'est à dire aujourd'hui vous dîtes que, vous vous avez plusieurs de vos collègues qui ont 50 ans qui sont infirmières qui ont peur parce qu'elles savent que si elles tombent malades, elles risquent d'être euthanasiées"

réponse : "Pas qu'elles risquent d'être euthanasiées mais d'être mal soignées et peut-être d'en arriver à préférer disparaitre"

Je ne crois pas, Messieurs, que ce que vous souleviez ce sont les dérives de l'euthanasie, mais plutôt l'incapacité de l'État de mettre en place des contrôles réels et une carence énorme et inacceptable des soins et de la formation des soignants!!!

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Peut-on avoir l'adresse du lieu de tournage,

Les enquêtes d'Hercule Poirot et le Cluedo cherche un nouveau lieu inquiétant?

 

 

Je m'égare? Ha oui... revenons aux journalistes...

 

Les journalistes d'investigation...

Alors ce journalisme d'investigation? Comment ça se passe?

Documentaire mené et réalisé par TProd, qui a fait de nombreux films sur la religion et qui, a à sa tête, Pierre Barnérias !

Ce nom ne vous dit rien? Qu'à cela ne tienne, allons voir la biographie du Monsieur, sur le "site officiel" du documentaire ! On apprend comment ce "journaliste de terrain" qui a travaillé pour de très respectables rédactions françaises a fait de l'"investigation" sont "domaine de prédilection"! Bien!

Que dire des autres sites, qui nous rappelle qu'il est également à l'origine de la vidéo qui "démontrait" que "la préfecture de Police avait sciemment retouché les photos de la manif pour tous" offrant à Frigide Barjot la possibilité de porter plainte! Voici la réponse, prouvant l'intégrité des documents vidéos fournis par la préfecture! Peut-être y a-t-il eu des erreurs volontaires ou involontaires de comptages des manifestants, j'en conviens, mais la théorie du complot prend un peu l'eau!

Alors, non je n'ai rien contre le fait que le Monsieur ait des convictions, ni même qu'elles entrent en collision avec les miennes... ce qui me dérange c'est l'illusion de travail journalistique et le qualificatif d'investigation apposé au terme "journalisme"!

T Prod

Le journaliste, Pierre Barnérias, n'est nul autre que le directeur de T Prod!

Bien, mais que fait T Prod lorsqu'il ne fait pas une enquête d'investigation sur les dérives de l'euthanasie en Belgique?

Un petit aperçu de la liste des productions TProd (dont je ne juge pas a priori la qualité, quitte à me répéter, mais je questionne la qualité documentaire et le journalisme qualifié d'investigation) :

  • Il était une foi
  • Sous peine d'innocence
  • Face à Face
  • Sœur Cyclone
  • L'impensable réconciliation
  • Un silence révolutionnaire
  • Afghanistan, mon amour
  • Le curé du Bronx
  • La Marche dans le ciel
  • Graines d'espoir
  • Passeurs d'Espoirs
  • Chrétiens d'Irak
  • Au nom d'Allah
  • Les gardiens de la paix familiale
  • La secte oubliée
  • Chasse gardée

 

Le journalisme d'investigation...

Il est vrai que nous n'avons pas pléthore d'exemples en France, bien que ce genre semble enfin trouver des adeptes!

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Mais quand je regarde un reportage ou documentaire dit d'"investigation" on soulève un problème que personne ne semble avoir soulevé! Ce qui veut dire qu'en général on évite les effets d'aubaine et on ne traite pas d'un sujet déjà tranché par les politiques (rappelons le consensus des précédents législateurs en la matière, et des principaux orateurs sur la question, Emmanuel Hirsch, Jean Léonetti, Régis Aubry, Rapport Sicard, etc...) qui ont évalués des dérives en Belgique! Soit, elles n'ont pas été prouvées à la population, un documentaire peut s'avérer pertinent.

Quand je regarde, par exemple cash investigation, ils ne reculent pas devant le fait de montrer des noms, de revenir en caméra cachée, de confronter les documents aux images tournées, ou même aux interwievés! Est-ce par volonté de simplification du documentaire que vous n'avez pas exposé les preuves et la méthodologie? Par manque d'images? Par manque d'opportunités? Ou... j'en suis curieuse!

 

Je ne saurais que trop conseiller à ceux qui souhaiteraient se lancer dans une telle aventure de se documenter et de visionner d'autres documentaires! Et de relire ce petit livret de l'UNESCO sur la méthodologie de l'enquête par Hypothèses! Lancez-vous, vous ferez sûrement mieux que "l'euthanasie jusqu'où?" !

 

2. De la pertinence du témoignage...

Bien que le titre soit rédigé comme tel, je n'ai pas la prétention de vous rédiger un essai... mais nous avons tous la capacité de sentir la faiblesse de certains témoignages (ou nous sommes tous pourvus du bon sens qui nous permet de reconnaitre la vérité lorsqu'elle se présente à nous, pour paraphraser un certain Descartes)...

Pourquoi tuer le Pépé, d'Exbrayat ! Preuve des dérives de l'euthanasie...

exbrayat, pépé, EHPAD, vieux, euthanasie, dérivesQue penser de cette femme au visage flouté, s'exprimant comme on conte une histoire, qui nous relate le meurtre de sa sœur? Si je ne me permets pas de mettre en doute son existence et son témoignage, et encore moins sa souffrance... ce témoin me pose problème!

En quoi ce témoignage nous éclaire sur la légalisation de l'euthanasie? 2 personnes qui forcent leur mère à se droguer pour la faire interner et l'euthanasier! Quelque soit le pays et la législation, cela s'appelle un meurtre, légalisation de l'euthanasie ou non! Enfin tout du moins dans les pays dans lesquels j'oserais mettre les pieds, et la Belgique me semble ma foi l'un de ceux là!

 

 

Le personnel soignant...


À 30:30mn dans le reportage

Pareillement que penser de cette infirmière qui raconte ce qu'elle a vu de si douloureux! Elle semble parler de pratiques euthanasiques, ou plutôt de dérives, et par la magie du montage elle se retrouve à évoquer le manque d'écoute des volontés du patient et l'acharnement thérapeutique!


À 45:00mn dans le reportage

Que penser de ces 3 personnels soignants féminins, qui semblent travailler dans une USP (Unité de Soins Palliatifs) française (oui je souligne que les présentations et transitions sont un peu courtes et de nature à décrédibiliser les témoignages), aux yeux écarquillés, priant peut-être pour qu'on ne leur pose pas certaines questions? Elles sont en soins palliatifs, elles vous parlent de vie et d'humanité, merci...

J'en profite pour souligner que c'est en effet des services et soins nécessaires, qu'il faut encourager et développer, la loi prévoit pour cela des plans de développement des soins palliatifs depuis 1999 (Loi Kouchner) ! Mais que malheureusement aujourd'hui en France, il n'existe pas assez de lits dévolus à ces soins, pas assez de formation dans les services classiques et en EHPAD (dont, rappelons le, seulement 14% sont pourvus d'une infirmière de nuit, Observatoire National de la Fin de Vie, étude menée entre le 1er janvier et le 31 décembre 2012) à la culture palliative.

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Ne pas parler de la mort...

D'un air effrayé ces personnels soignants répondent au journaliste, qu'elles ne sont là que pour parler de la vie et pour permettre aux patients de profiter de ces derniers moments de vie! Alors là oui, je suis d'accord! Mais tout de même! Ne devraient-elles pas aussi être formées à parler de la mort? Aucun patient n'aborde jamais la question? Aucune famille éplorée ne vient demander des informations?

Pourquoi l'une d'entre elles nous raconte qu'après avoir expliqué la loi Léonetti (en plaçant au passage qu'on ne souffre pas en fin de vie, et notamment grâce à cette loi! Que j'aimerais vivre chez Amélie Poulain! Tous les cas ne se déroulent pas de la même manière!) à ses interlocuteurs, ils changent d'avis et disent de l'euthanasie : "ce n'est pas la première des bonnes solutions"! Mais qui a dit que c'était la première? Qui a parlé de "bonnes solutions"? ... De réponse ou de soin adapté... peut-être!

 

Opposer les soins palliatifs à l'euthanasie...

Et cette obstination qu'ont ces témoins et le Pr.Hirsch à opposer soins palliatifs et euthanasie! A ne parler que des dérives! De pente glissante! Pire, d'IVV : Interruption Volontaire de Vieillesse!

Je les défie de prouver avec de vrais arguments que des partisans de la légalisation de l'euthanasie, comme moi, comme certains d'entre vous, souhaitent substituer l'euthanasie aux soins palliatifs!

Les 2 premières demandes de l'ADMD contrairement à ce que le documentaire "révèle", c'est le respect de la loi déjà en place à travers l'écoute des volontés des malades et l'accès universel aux soins palliatifs! En effet il est vrai que les soins palliatifs se développent en France! Mais si vous n'avez pas la chance d'être en région parisienne ou près d'une grande ville, et que vous avez besoin de soins palliatifs, je vous souhaite que la chance soit avec vous! Seuls 80 à 85% des personnes qui auraient besoin de soins palliatifs n'y ont pas accès aujourd'hui en France! Problème d'ailleurs soulevé dans le documentaire par l'infirmière belge!

 

3. Les vérités que soulèvent le documentaire

Je ne suis pas de mauvaise foi et peut reconnaitre des arguments ou des éléments censés, quelque soit la personne qui les prononce! Enfin presque! (J'espère qu'aucun de mes proches ne me lit... il va me falloir faire preuve de tolérance désormais !)

 

Le manque de formation


Je parlais donc des soins palliatifs, en effet indirectement ce documentaire soulève le problème des soins palliatifs! Le Pr. Hirsch fait une belle description de ces soignants qui tentent de donner de la vie et du lien jusqu'au bout de la vie! Mais il faut aussi constater qu'il y a un cruel manque de formation. D'une part sur la mort pour les palliativistes, mais aussi sur la loi Léonetti. Je vous invite à lire le témoignage du sociologue Philippe Bataille qui décrit dans son livre, À la vie à la mort, des situations de détresse et de non respect de la volonté du patient et de la loi Léonetti en service palliatif.

Un autre manque de formation, celui des autres services médicaux, que ce soit les urgences, services d'oncologie, ou les autres, sur la culture palliative et sur la loi Léonetti!

On nous parle de dérives en Belgique, il est dit dans le documentaire qu'un cas d'euthanasie sur 2 ne fait pas suite à la demande du patient, mais que dire des malades contraint au stop and go, qui subissent l'acharnement thérapeutique (12% selon l'étude INED, nov 2012), ou les 4 000 français euthanasiés illégalement sans que leur volonté ne soit connue (même rapport INED)????

 

Le contrôle

contrôle, euthanasieIl me paraît effectivement effarant, si tel est réellement le cas, que le médecin remplisse seul le dossier. Mais la loi prévoit en réalité un autre avis médical. Il me paraît aussi surprenant que la commission ne pousse pas et n'ait pas les moyens de pousser plus ses contrôles, ou même qu'elle ne puisse pas donner un second avis!

Mais c'est ce qui risque d'arriver si nous continuons à ne laisser parler que les médecins dans ce débat! En effet, ce sont eux qui ont fait les missions parlementaires qui ont mené à la loi Léonetti, ce sont eux qui ont fait les missions d'évaluation, eux qui composeront seuls une éventuelle commission d'évaluation des euthanasies!

En clair une loi doit être accompagnée de décrets d'applications, de moyens, de mesures pour son application et son respect! La justice, la médecine et les parlementaires n'ont pas à être confondus, ils doivent respectivement faire appliquer la loi, l'appliquer et la créer.

 

 

4. Des arguments savonneux pour se faire mousser!

Le législateur

Le documentaire nous donne à voir la soi disant faiblesse de la loi, l'incapacité des législateurs à border cette loi et la connivence du législateur avec les médias.

élus, législation, démocratie, euthanasie1. S'il est vrai que nos politiques aiment à se dorer la pilule en compagnie des journalistes, on ne peut toutefois pas prêter une connivence si forte entre les journalistes et le pouvoir ! Car depuis 10 ans, depuis l'affaire Humbert, il paraît que les journalistes ont un avis favorable sur l'euthanasie.

Parallèlement nos députés et sénateurs ont tenté de déposer des lois (de gauche comme de droite), le Président Sarkozy lui-même a tenté de réévaluer la question, vite renvoyé dans ses buts par des médecins et professeurs. La proposition 21 a eu lieu et pourtant le Pr. Sicard ne parlait que d'exception d'euthanasie et l'avis 121 (bien plus mitigé qu'on nous l'a fait croire) du CCNE était négatif sur la dépénalisation de l'euthanasie.

2. Quant à la question de la faiblesse de la loi et des possibilité de dérives, doit-on renoncer aux lois d'avancées sociales et de liberté sous un prétexte fallacieux que les législateurs pourraient mal penser les modalités de contrôle et que des dérives pourraient survenir!

De plus je ne connais pas une loi sans dérive et sans contrevenant, sinon pourquoi nos prisons seraient pleines? Pensez-vous pour autant à retirer les lois? Cet argument n'est qu'un aveu d'impuissance d'un État à faire appliquer ses lois, il n'est pas audible par un citoyen épris de justice et de démocratie.

Et que dire des 0,8% de personnes euthanasiées illégalement en France? De ces 4 000 personnes euthanasiées en dépit de leur choix? Je ne pense pas que l'on puisse imputer à la légalisation de l'euthanasie, les dérives présentées dans ce "documentaire"! Je ne nie pourtant pas qu'il puisse y en avoir, elles sont le fait d'Hommes et de Femmes et non d'une loi et des citoyens qui souhaitent la liberté de choix ! ! !

Il appartient au législateur de faire une loi et des décrets pour une application efficace de la loi, éviter les dérives le plus possible. Mais le citoyen peut et doit rester vigilent et tirer la sonnette d'alarme!

La pente glissante

Et la pente glissante si souvent invoquée, qui nous dit qu'un pied mis sur la planche savonneuse nous entraîne systématiquement en bas? Mais a-t-on si peu foi en l'Homme et en la société qu'on lui empêche tout avancée et qu'on conserve nos bornes antérieures, au détriment du progrès, pour lui éviter de finir dans la déchéance et de péricliter? La pensée et les choix de l'Homme sont-ils à ce point déterminés qu'il faut lui retirer le droit de choisir et d'agir en Démocratie, sous prétexte qu'il entrainera la chute de la société par un seul acte sans pouvoir s'arrêter ou retourner en arrière?

Sur cette question de la pente glissante, ou pente fatale, je vous invite à lire Jean-Yves Goffi, Penser l'euthanasie.

 

5. Besoin de plus d'informations : Demande via Facebook

J'avoue que je suis curieuse, je veux comprendre comment on produit un tel documentaire! Si il y a des raisons à toutes les questions que je me pose! Ça ne peut pas être de l'amateurisme tout de même! Allez voir les réponses et le suivi des discussions sur Facebook...

- Page TProd

- Page l'euthanasie jusqu'où

 

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Enfin, pour en revenir à ce documentaire, chacun a le droit de le voir, mais en connaissance de cause! Il serait logique que ceux qui présentent ce documentaire ne se targuent pas d'objectivité et d'un travail d'investigation! Le documentaire n'est pas inintéressant, il doit être regardé pour ce qu'il est! Il s'agit là d'un "pamphlet" contre la légalisation de l'euthanasie, qui met en scène des amalgames et des dérives peu représentatives de la réalité Belge (voir d'ailleurs la lettre des médecins Belge.)

 

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités, Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |

03/10/2013

Léonetti au Québec !

Non non, le titre tapageur n'est pas tout à fait exact, le Député-Maire d'Antibes reste bien en France!

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Par contre, au Québec où le débat sur la fin de vie et sur l'euthanasie se déroule, on constate la même méconnaissance de la législation en vigueur et le même manque d'information des patients. Le détail nous est présenté dans cet article de l'huffington Post Québec. 

Des patients qui ne reçoivent pas l'information nécessaire sur les soins qui vont leur être administrés, des patients qui n'ont pas désigné de personnes de confiance et seulement 9% qui avaient mis en place une "planification préalable des soins" (moins de 2% de rédacteurs des directives anticipées en France).

Le débat sur la fin de vie n'est pas une exception européenne, la loi Léonetti dont on nous dit souvent qu'"elle fait consensus et est copiée par de nombreux pays" a des inconvénients qui se retrouvent dans les législations des autres pays interdisant l'euthanasie active... un débat qui dépasse largement les frontières de la France!

Un débat menant vers une loi nécessaire, qui fait partie de l'évolution de la société et la reconnaissance des droits et libertés individuelles.

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |