Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/12/2013

Entretien sur l’euthanasie avec la Sénatrice Muguette Dini (UDI)

dini,muguette,sénat,sénateur,sénatriice,affaires sociales,commission,parlementaire,euthanasie,suicide assisté,proposition de loi,assistance médicalisée,mourir,dieu,barbara,président de la république,réforme,admd,société,sociale Élue depuis septembre 2004, la Sénatrice du Rhône est très respectée, notamment dans la commission affaires sociales.

Je la contacte au sujet de la proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir qu’elle a déposé le 5 juin 2013.

Voici en résumé le contenu de cet entretien.

 

Le temps des convictions

Dieu entre les lignes

Une de ses collègues lui dit un jour «il y a 2 types de personnes, ceux qui croient que leur vie appartient à Dieu et ceux qui pensent qu’elle leur appartient», la conclusion de la Sénatrice parait presque évidente «très bien, je ne décide pas pour eux, je ne souhaite pas que ceux qui pensent que leur vie appartient à Dieu décident pour moi!»

De son avis il y a deux éléments qui sont encore mal perçus, c’est que la réticence provient bien de convictions religieuses, et que les opposants à cette loi n’ont pas compris qu’on ne leur retire rien, il s’agit juste d’offrir le choix.

 

«A mourir pour mourir, je choisis l’âge tendre, à partir pour partir je ne veux pas attendre.» (Barbara)

Sans détour elle évoque un problème de santé l’année dernière, elle avait prévenu tout le monde que si cela s’avérait grave, il serait alors temps de partir. C’est sans tristesse qu’elle le dit, presque avec joie d’avoir eu une belle vie et de n’attendre que ce qu’elle peut lui apporter.

Par contre, elle est catégorique ce n’est pas au médecin de décider pour elle, et ce n’est pas aux enfants de faire partir le patient. Il faut que la loi encadre le suicide assisté, avec une législation comme la Belgique ou même comme la Suisse.

Bien sûr il faut offrir une clause de conscience pour les médecins, mais la Sénatrice est convaincue qu’il resterait assez de médecins pour accepter d’aider ceux qui le souhaitent à partir.

 

«On ne me voit jamais fanée sous ma dentelle.» (Barbara)

Chacun devrait pouvoir choisir, la question du suicide assisté est la même que celle de l’euthanasie.

Elle ne souhaite pas être dépendante, l’autonomie elle y tient, «j’ai toujours décidé, pourquoi ce serait différent, pourquoi serait-ce aux médecins de décider?»

 

Une volonté politique

Des convictions à la proposition de loi

En juin 2013 la Sénatrice, Présidente de la Commission Affaires Sociales, dépose une proposition de loi pour le Droit de Mourir dans la Dignité. Elle est seule signataire de son groupe.

Mais elle n’est pas seule à soutenir ces propositions, les partisans de l’euthanasie peuvent compter de longue date sur le Sénateur Fischer (PC), sur le Sénateur Godeffroy (PS) et sur le Sénateur Fouché (UMP). C’est selon elle une question très personnelle, bien au-delà des partis politiques. Il y a des élus PS qui sont opposés à cette avancée.

Pour la Sénatrice qui s’exprime sans langue de bois, et avec une simplicité déconcertante de sa propre mort, la genèse du texte? «Il n’y avait pas de questions à se poser, c’est une  affaire de liberté individuelle.» D’ailleurs c’est bien sans le soutien de son parti qu’elle dépose cette proposition.

 

Quel regard porte-t-elle sur le projet de loi annoncé par le Président de la République?

«Après le mariage pour tous, il [le Président de la République] ne veut plus entendre parler de réforme de société.» Bien entendu, il faut voir ce que ça va donner, mais elle se méfie des «débats publics»! «Un débat public c’est quoi, on colle des affiches, on passe une annonce, et tous ceux qui souhaitent y participer peuvent venir! Ça ne se passe jamais comme ça!» Et sur la question des «conférences citoyennes» sa réponse est encore bien plus tranchée «on se moque de qui?»

Si nous étions restées sur ce point de la discussion, j’aurais sans doute eu un goût de déception en sortant du Sénat! Mais en allant plus loin, en évoquant les veilleurs, et les opposants qui pourraient manifester, elle a renchéri avec confiance qu’ «en face il y a l’ADMD» et que l’ «association saura mobiliser».

De plus cette réforme, contrairement au mariage pour tous, concerne vraiment tous les français, elle sera donc beaucoup mieux acceptée et beaucoup plus soutenue.

______

Merci à la Sénatrice Muguette Dini de cet entretien.

______

Articles connexes :

- les discours politiques du 2 novembre

- Comment contacter vos sénateurs

- Interpellez vos députés

Écrit par Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE dans Actualités, Entretiens - Témoignages, Vers une loi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |